Lettre de Mimmo Lucano, ancien maire de Riace en Calabre, que la justice italienne vient de condamner à plus de 13 années de prison

La lettre du maire, lue le 3 octobre sur la place de Riace.

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Il est inutile de vous dire que j'aurais aimé être présent parmi vous non seulement pour des salutations formelles, mais pour quelque chose de plus, pour parler sans le besoin et les obligations d'avoir à écrire, pour ressentir ce sentiment de spontanéité, pour ressentir l'émotion qui les mots produisent de l'âme, enfin pour vous remercier un à un, à tous, pour une forte étreinte collective, avec toute l'affection dont les êtres humains sont capables.

A vous tous qui êtes un peuple en chemin vers un rêve d'humanité, vers un lieu imaginaire de justice, chacun mettant de côté ses engagements quotidiens et défiant même les intempéries. Je dis merci.
Le ciel traversé de nombreux nuages ​​sombres, les mêmes couleurs, la même vague noire qui traverse les cieux d'Europe, qui ne laisse plus entrevoir les horizons indescriptibles de pics et d'abîmes, de terres, de douleurs et de croix, de la cruauté des nouvelles barbaries fascistes.
Ici, dans cet horizon, les peuples sont là. Et avec leurs souffrances, leurs luttes et leurs conquêtes. Parmi les petites choses de la vie quotidienne, les faits se croisent avec les événements politiques, les problèmes cruciaux de tous les temps avec les menaces renouvelées d'expulsion, d'attentats, de mort et de répression.
Aujourd'hui, dans ce lieu frontalier, dans ce petit pays du sud de l'Italie, terre de souffrance, d'espoir et de résistance, nous vivrons une journée qui sera destinée à entrer dans l'histoire.
Nous sommes l'histoire. Avec nos choix, nos croyances, nos erreurs, nos idéaux, nos espoirs de justice que personne ne pourra jamais réprimer.
Il viendra un jour où il y aura plus de respect pour les droits de l'homme, plus de paix que de guerres, plus d'égalité, plus de liberté que de barbarie. Où il n'y aura plus de gens voyageant en classe affaires et d'autres entassés comme des biens humains des ports coloniaux avec leurs mains accrochées aux vagues dans les mers de la haine.
Je n'ai pas grand-chose à ajouter à ma situation personnelle et à mes affaires juridiques par rapport à ce qui a été abondamment raconté. Je n'ai aucune rancune ou réclamation contre qui que ce soit.
Mais je voudrais dire au monde entier que je n'ai rien à avoir honte, rien à cacher. Je faisais toujours les mêmes choses, ce qui donnait un sens à ma vie. Je n'oublierai pas cet immense fleuve de solidarité.
Je te porterai longtemps dans mon cœur. Nous ne devons pas reculer, si nous sommes unis et restons humains, nous pourrons caresser le rêve de l'utopie sociale.
Je vous souhaite le courage d'être seul et l'audace de rester ensemble, sous les mêmes idéaux.
Pouvoir être désobéissant chaque fois que nous recevons des ordres qui humilient notre conscience.
Nous méritons d'être appelés rebelles, comme ceux qui refusent d'oublier à l'époque de l'amnésie forcée.
Être assez têtu pour continuer à croire, même contre toute évidence, qu'il vaut la peine d'être des hommes et des femmes.
Continuer à marcher malgré les chutes, les trahisons et les défaites, car l'histoire continue, même après nous, et quand elle dit au revoir, elle dit au revoir.
Nous devons espérer garder vivante la certitude qu'il est possible d'être contemporains de tous ceux qui vivent animés par le désir de justice et de beauté, où que nous soyons et où que nous vivions, car les cartes de l'âme et du temps n'ont pas de frontières.
Mimmo Lucano.
Resistere resistere resistere sempre
"Abbiate il coraggio di restare soli"
La lettera del sindaco, letta FC ieri in piazza a Riace.
È inutile dirvi che avrei voluto essere presente in mezzo a voi non solo per i saluti formali ma per qualcosa di più, per parlare senza necessità e obblighi di dover scrivere, per avvertire quella sensazione di spontaneità, per sentire l’emozione che le parole producono dall’anima, infine per ringraziarvi uno a uno, a tutti, per un abbraccio collettivo forte, con tutto l’affetto di cui gli esseri umani sono capaci.
A voi tutti che siete un popolo in viaggio verso un sogno di umanità, verso un immaginario luogo di giustizia, mettendo da parte ognuno i propri impegni quotidiani e sfidare anche l’inclemenza del tempo. Vi dico grazie.
Il cielo attraversato da tante nuvole scure, gli stessi colori, la stessa onda nera che attraversa i cieli d’Europa, che non fanno più intravedere gli orizzonti indescrivibili di vette e di abissi, di terre, di dolori e di croci, di crudeltà di nuove barbarie fasciste.
Qui, in quell’orizzonte, i popoli ci sono. E con le loro sofferenze, lotte e conquiste. Tra le piccole grandi cose del quotidiano, i fatti si intersecano con gli avvenimenti politici, i cruciali problemi di sempre alle rinnovate minacce di espulsione, agli attentati, alla morte e alla repressione.
Oggi, in questo luogo di frontiera, in questo piccolo paese del Sud italiano, terra di sofferenza, speranza e resistenza, vivremo un giorno che sarà destinato a passare alla storia.
La storia siamo noi. Con le nostre scelte, le nostre convinzioni, i nostri errori, i nostri ideali, le nostre speranze di giustizia che nessuno potrà mai sopprimere.
Verrà un giorno in cui ci sarà più rispetto dei diritti umani, più pace che guerre, più uguaglianza, più libertà che barbarie. Dove non ci saranno più persone che viaggiano in business class ed altre ammassate come merci umane provenienti da porti coloniali con le mani aggrappate alle onde nei mari dell’odio.
Sulla mia situazione personale e sulle mie vicende giudiziarie non ho tanto da aggiungere rispetto a ciò che è stato ampiamente raccontato. Non ho rancori né rivendicazioni contro nessuno.
Vorrei però a dire a tutto il mondo che non ho niente di cui vergognarmi, niente da nascondere. Rifarei sempre le stesse cose, che hanno dato un senso alla mia vita. Non dimenticherò questo travolgente fiume di solidarietà.
Vi porterò per tanto tempo nel cuore. Non dobbiamo tirarci indietro, se siamo uniti e restiamo umani, potremo accarezzare il sogno dell’utopia sociale.
Vi auguro di avere il coraggio di restare soli e l’ardimento di restare insieme, sotto gli stessi ideali.
Di poter essere disubbidienti ogni qual volta si ricevono ordini che umiliano la nostra coscienza.
Di meritare che ci chiamino ribelli, come quelli che si rifiutano di dimenticare nei tempi delle amnesie obbligatorie.
Di essere così ostinati da continuare a credere, anche contro ogni evidenza, che vale la pena di essere uomini e donne.
Di continuare a camminare nonostante le cadute, i tradimenti e le sconfitte, perché la storia continua, anche dopo di noi, e quando lei dice addio, sta dicendo un arrivederci.
Ci dobbiamo augurare di mantenere viva la certezza che è possibile essere contemporanei di tutti coloro che vivono animati dalla volontà di giustizia e di bellezza, ovunque siamo e ovunque viviamo, perché le cartine dell’anima e del tempo non hanno frontiere.
Mimmo Lucano

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