MSF: «L’Europe participe au démantèlement du concept même de réfugié»

Logo_MSF.pngLe convoi humanitaire interdit !


18 Juin 2016  

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/06/18/le-convoi-humanitaire-interdit/

Passeurs : ils font circuler la parole, et relient les êtres et les rives.

Hospitalités : les mille formes de l'accueil et de la rencontre entre les êtres.

Depuis des mois, un grand convoi d’aide humanitaire pour Calais était en préparation, avec des collectes par tout le Royaume-uni, des organisations et réseaux nationaux impliqués. Deux cent cinquante véhicules étaient prêts à partir, montrant la solidarité du peuple britannique envers les exilé-e-s et envoyant un message fort aux gouvernements français et britanniques en faveur d’une politique d’accueil.

Manifestant leur hostilité habituelle à toute expression de solidarité, les autorités françaises ont décidé de bloquer le convoi à la frontière et de lui interdire l’entrée en France.

Une pétition adressée à l’ambassade de France au Royaume-uni a été ouverte à signature :
https://www.powerfoule.org/campaigns/r%C3%A9fugi%C3%A9s/calais/laissez-passer-laide-humanitaire-pour-les-r%C3%A9fugi%C3%A9s-de-calais
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MSF: «L’Europe participe au démantèlement du concept même de réfugié»


18 juin 2016



Médecins sans frontières n’acceptera plus un seul financement institutionnel en provenance de l’Union européenne et de ses États membres, jugeant « honteuse » la réponse apportée par Bruxelles à la crise migratoire qui met en danger le concept même de réfugié, comme l’explique à Mediapart Bruno Jochum, le directeur de MSF Suisse.

Genève, de notre correspondante. - C’est un coup de tonnerre dans le monde des ONG : à compter du vendredi 17 juin, Médecin sans frontières (MSF) n’acceptera plus un seul financement issu de l’Union européenne et de ses États membres, estimant qu’en matière de politique migratoire, le point de non-retour a été franchi par Bruxelles avec la signature, le 18 mars dernier, d'un accord avec la Turquie.

[...]
Ce qui est en train de se passer, c’est le non-respect de plus en plus marqué des obligations contenues dans les conventions sur les réfugiés. L’Europe participe ainsi au démantèlement du concept même de réfugié. La conséquence, ce n’est pas uniquement d’avoir des dizaines de milliers de personnes bloquées en Grèce dans des conditions de vie lamentables, privées d’aides juridiques, avec des traumatismes psychologiques importants. C’est aussi un signal envoyé par l’Europe au reste du monde et qui pourrait avoir un effet domino.

Le risque, c’est que les pays voisins de la Syrie ferment les uns après les autres leurs frontières. Près de 100 000 personnes qui fuient les bombardements d’Alep sont déjà bloquées à la frontière turque. Et, par ailleurs, que dire à des pays, comme le Kenya, qui veulent renvoyer les réfugiés somaliens, alors que l’Europe, la zone la plus prospère du monde, refuse d’accueillir une population qui fuit la guerre ?

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est aussi la perspective que l'accord UE-Turquie soit répliqué ailleurs.[...]

__De quoi parlez-vous exactement ?__  

L’Union européenne pourrait bientôt conclure avec une vingtaine de pays en Afrique et au Moyen-Orient des accords migratoires du même type que celui passé avec la Turquie. Les pays qui ne retiendraient pas sur leur territoire les candidats à l’exil et à l’émigration, ou ne faciliteraient pas leurs retours forcés, pourraient voir diminuer leur aide au développement. Parmi eux, on compte l’Érythrée, la Somalie, le Soudan, l’Afghanistan, les plus grands pourvoyeurs de réfugiés et dont certains sont des dictatures. Cela devient très grave : on va payer ces pays pour qu’ils dissuadent les gens de partir ou pire, comme dans le cas du Soudan, pour qu’ils renvoient chez eux les Érythréens !

__Quelle logique est à l’œuvre derrière cela ?__

La volonté des pays européens de rendre le problème invisible. C’est une politique d’externalisation du contrôle de l’immigration. On veut que les demandes soient traitées uniquement dans les pays tiers et pas directement en Europe. Or parmi ces pays tiers, il y a des États qui ne sont pas signataires des conventions de Genève et pratiquent une politique de renvoi indifférenciée. C’est extrêmement grave car les conventions sur les réfugiés sont nées en Europe après la Seconde Guerre mondiale et historiquement, les États européens ont toujours été leurs défenseurs. L’Europe porte donc une lourde responsabilité.[...]

Article complet : https://www.mediapart.fr/journal/international/180616/msf-l-europe-participe-au-demantelement-du-concept-meme-de-refugie?page_article=2

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Author: CafDv

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