Animation des Soulèvements de la Terre au rassemblement pour la Palestine du 28 octobre
Publié le dimanche 01 novembre 2026, 23:21 - modifié le 02/11/26 - SOULÈVEMENTS DE LA TERRE - Lien permanent
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Le dernier mercredi de chaque mois, la vigie hebdomadaire de soutien à la Palestine de Saint-Gaudens cède sa place à un rassemblement durant lequel un thème est développé.
En juin, le Mouvement de la Paix avait choisi de travailler sur la notion de génocide.
En juillet, F. avait traité du sujet des peuples natifs du continent américain, exposé qu'il avait complété en septembre, notamment par des apports sur la situation au Mexique.
En août, M. et P. avaient travaillé sur le colonialisme.
En cette fin octobre, c'est le Comité Comminges des Soulèvements de la Terre qui a pris en charge le thème du mois, afin de présenter ses actions, s'attardant sur les pesticides et, notamment leur utilisation comme arme de guerre, plus particulièrement par l'État d'Israël contre le peuple palestinien.

1- PRÉSENTATION DES SOULÈVEMENTS DE LA TERRE
Nous sommes le Comité Comminges des Soulèvements de la Terre, créé parmi la centaine de comités locaux à la suite de la répression à Sainte-Soline et de la volonté de Darmanin de dissoudre le mouvement.
Quelles sont les valeurs des Soulèvements ?
Les combats qui nous poussent à agir se font principalement sur trois fronts perméables les uns aux autres :
- le premier front est la question agricole : c'est la lutte contre le système agro-industriel avec son cortège de pesticides mais pour une agriculture paysanne. Elle est au cœur des combats des Soulèvements, tant les questions de la terre, de l'eau, de l'air et de la subsistance sont vitales ;
- le deuxième front est l'artificialisation des terres face aux innombrables projets inutiles et écocidaires ;
- le troisième front est l'antifascisme et l'impérialisme face à l'accélération vitesse grand V de la fascisation, face au génocide en Palestine et face à la multiplication des guerres impérialistes.
Les Soulèvements de la Terre participent à créer des coalitions de luttes, ses tactiques sont le blocage, l'occupation, le désarmement. Ainsi, nous affirmons la possibilité d'agir sur le cours de nos vies, de pouvoir changer les choses. Et il n'est plus question d'attendre ! :
- on la joue collectif ;
- on mène "la guerre du discours" : on explique, on produit nos propres récits, nos images, même si on n'est pas des pros, haut et fort pour que le plus grand nombre s'en saisisse et trouve la confiance pour faire ensemble ;
- lutter ensemble nous rend de plus en plus fort.es : plus nombreux.ses, mieux préparé.es face à la répression (équipes médics, légal team, cantines...), plus audibles et compréhensibles pour ceux et celles qui ne sont pas (encore) dans la lutte. Mieux équipé.es aussi matériellement, plus intelligent.es tactiquement, plus puissant.es collectivement (voir "Terres de luttes", carte qui recense toutes les luttes).
Car, au fond, ce que nous voulons, c'est participer à la construction d'un mouvement révolutionnaire qui se mène par le bas. On souhaite l'avènement de réels pouvoirs populaires, solidaires, faits de communs contre le pouvoir de l'État et du capitalisme.
C'est depuis toutes les luttes avec en tête le Rojava, le Chiapas, les blacks panthers, Gaza... et dans les liens créés ensemble que tout cela se construit.
Nous sommes dans le camp de l'émancipation, c'est à dire qu'en luttant on ne veut pas reproduire des mécanismes de domination institués depuis des siècles et qui nous façonnent malgré nous. On peut dire qu'on est féministes, antiracistes, antifascistes, antivalidistes, pour le respect des minorités de genre.
Être aux Soulèvements, c'est aussi se donner l'exigence de se former, de se renseigner, de se battre contre des comportements ou des propos discriminants, de mettre au travail nos biais et nos préjugés, de travailler nos alliances.
Pour toutes ces raisons, notre Comité Comminges des Soulèvements de la Terre est solidaire du combat du peuple palestinien avec toutes les organisations qui ont rejoint l'association Comminges Palestine qui lutte à travers ses vigies, mais pas que, contre le génocide à Gaza et le colonialisme ou le sionisme de l'État d'Israël, pour qu'enfin advienne la paix et la liberté sur cette terre palestinienne.
2 - LE COMITE COMMINGES DES SDT
Le Comité Comminges des SDT a défini divers chantiers de réflexion et d’action, pour la défense de notre territoire.
Car notre territoire subit actuellement un raz-de-marée de projets mortifères, du techno-solutionnisme sans bornes, et du greenwashing débridé, non efficace pour le climat et dévoreur d’argent public.
Tout cela, sans information et sans concertation avec les habitants.
Les enquêtes publiques sont réglementairement affichées en mairie pendant une semaine, mais qui les voit et qui les comprend ?
Donc, nous constituons des groupes nommés « de défense du territoire », qui parfois travaillent en collaboration avec d’autres collectifs, extérieurs aux SDT, sur plusieurs sujets : Vous pouvez les découvrir sur les tracts qui sont à votre disposition.
Nous espérons aussi peser sur les orientations agricoles locales. C’est pourquoi à ces préoccupations, nous ajoutons le sujet des pesticides – et plus largement celui de l’empoisonnement des milieux de vie.
Les PESTICIDES ? Ce n’est pas une nouvelle mobilisation, pour St-Gaudens, car un collectif zéro pesticide existe depuis une quinzaine d’années. Il a organisé des événements tous les ans en mars lors de la SPAP (en lien avec Générations Futures et FNE).
En 2026, notre Zéro Pesticide renaît plus vigoureux : aux partenaires initiaux (ATTAC, Nature Comminges, la SCOP Bio Comminges) s’ajoute maintenant SDT Comminges.
Il y a tellement de scandales terrifiants ici et ailleurs, que nous allons avoir encore beaucoup à dire sur les pesticides !
3 - PESTICIDES ET ARMES DE GUERRE
Protocole de Genève (1925) et Conférence de Paris (1993)
La communauté internationale a interdit l'emploi des armes chimiques et biologiques avec le Protocole de Genève de 1925, avant de renforcer cette interdiction en 1993 lors de la Conférence de Paris signée par 130 États.
Toutes les substances chimiques sont considérées comme des armes chimiques, sauf si elles sont utilisées à des fins permises par la Commission : dans un but industriel, agricole, de recherche, médical, pharmaceutique et tout autre but pacifique … et dans un but de maintien de l'ordre public (cf gaz lacrymogène).
Trois États ne font pas partie de cette convention : la Corée du nord, le Soudan du sud et l’Égypte (qui conditionne sa signature à la suppression de la menace nucléaire israélienne) - l’État israélien a signé mais non ratifié.
Le gaz moutarde
C'est en 1912 que les grenades au gaz lacrymogène ont été utilisées pour la première fois par la préfecture de police de Paris pour lutter contre des « bandes criminelles ».
Laboratoire pour l'industrie des armes chimiques, la première guerre mondiale a vu le développement de ces armes non conventionnelles.
Phosgène, dichlore… et gaz moutarde à partir de 1917.
Le gaz moutarde a été utilisé ensuite lors de plusieurs conflits coloniaux.
Et plus récemment, lors de la guerre Iran-Irak et pendant la guerre civile syrienne.
L’agent orange
La convention n'a pas empêché l'utilisation de l'agent orange herbicide produit par Monsanto ; il a été utilisé par l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam - considérée comme la plus grande guerre chimique. Son impact environnemental est sans précédent, et donnera naissance au mot « écocide ». Contenant la plus toxique des dioxines, l’agent orange a aussi laissé des traces sur la population vietnamienne (cancers, malformations congénitales...). Très persistante dans les organismes et l’environnement, cette dioxine continue de faire des victimes.
Phosphore blanc
Les munitions au phosphore blanc étant conçues pour leur capacité incendiaire et non pour leur toxicité, ne sont pas considérées comme des armes chimiques. Le phosphore blanc n'est donc pas couvert par la Convention, malgré son danger extrême, en particulier pour les civils.
Les cas les plus récents d'emploi de phosphore blanc à proximité de zones densément peuplées, concernent des attaques israéliennes au sud du Liban, à Gaza à l’automne 2023 et au début de l’année 2024.
Herbicide glyphosate
Il est employé par l’armée israélienne depuis 2014. Son épandage aérien s’ajoute au rasage au bulldozer des terres à Gaza pour « améliorer la visibilité » des opérations, c’est-à-dire exposer la population aux tirs.
ADAMA … SYNGENTA ... NETAFIM
La firme israélienne Adama, qui produit des pesticides génériques, appartient à la multinationale Syngenta. Adama est très liée au projet d’expansion colonial d’Israël en épandant ses pesticides dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée et sur le plateau du Golan Syrien, dans le cadre d’expériences agricoles.
Adama sert également le complexe militaro-industriel d’Israël en développant la pulvérisation de pesticides par drone, technologie orientée à des fins militaires. Firmes de l’agrochimie et firmes de l’armement avancent main dans la main dans la conduite de cet écocide et génocide. Pour autant, voici comment Adama France communique sur Linkedin :
« ADAMA France, 5e acteur sur le marché français de la protection des plantes, est en forte croissance et s’engage dans de nombreux projets de développement pour le monde agricole. Plus de 70 professionnels travaillent actuellement chez ADAMA France, tous passionnés d’agriculture. Ils sont notre atout le plus important et le moteur de notre succès. Chez ADAMA, nous aspirons à un monde où chaque habitant bénéficie de la sécurité alimentaire, et chaque agriculteur d’une vie épanouissante et enrichissante. »
La collaboration de l'agro-industrie avec les entreprises de technologies militaires israéliennes a été démontrée depuis des années.
Pour exemple, Netafim, spécialisé dans l'irrigation figure parmi les entreprises signalées par Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations-Unies sur la situation dans les territoires palestiniens occupés, en raison de son lien avec l’économie de génocide.
Le kibboutz Hatzerim, propriétaire de Netafim, a vendu 80 % de ses actions à un groupe mexicain de produits pétrochimiques, le kibboutz Hatzerim, en conservant 20 %. L'accord stipule que le siège de Netafim, les usines de production existantes, et les activités de recherche et de développement restent en Israël pendant une période d’au moins 20 ans. Cette vente massive d’actions à des groupes étrangers permet d'éviter le boycott ciblé du mouvement BDS.
Sous le parapluie d’une multinationale, le « sionisme vert » diffuse un discours progressiste d’écologie, en mettant en avant les initiatives de plantation d’arbres, les réserves naturelles... comme preuve du rôle indispensable d’Israël en tant que gardien de la Terre … malgré
- Le détournement des eaux du Jourdain ;
- Le défrichage de terres pour la construction du mur de séparation ;
- La protection des colons alors qu’ils arrachent des oliviers en Cisjordanie ;
- L' empoisonnement des terres agricoles à Gaza et au Liban au phosphore blanc…
Réduire le génocide à une seule accumulation de morts humaines est insuffisant : le colonialisme porte en lui un projet génocidaire qui comporte aussi une dimension écocidaire.
Le 1er février 2026, deux avions ont largué des produits chimiques près de trois villages frontaliers au Sud-Liban. Quelques jours plus tard, le gouvernement libanais affirme, analyses à l’appui, que du glyphosate a été pulvérisé sur 18 kilomètres de long et 300 à 500 mètres de large, avec des concentrations de glyphosate 20 à 50 fois supérieures aux seuils habituels en agriculture. Les autorités locales ont rapporté le dépérissement en 2 jours de vergers, d'oliviers et de chênes, ainsi que des risques de stérilité des sols pour au moins six mois.
Ce « colonialisme chimique » s'exporte et, si Syngenta en est un acteur majeur, le cynisme est partagé avec d'autres firmes.
4 - COLONIALISME CHIMIQUE
En effet, on peut dire que le système est bien rôdé : des pesticides en temps de paix et des armes chimiques en temps de guerre ! Les composés chimiques des explosifs étant les mêmes que ceux des engrais.
Ce qui est remarquable aussi, c'est que Syngenta, comme Bayer/Monsanto, est un accapareur de semences. Ils les protègent par des certificats d'obtention végétale ou de brevets et effacent ainsi les savoirs paysans ancestraux et les millénaires de tradition d'échanges de graines locales. La production des pesticides est intrinsèquement liée à celle du contrôle des semences. L'oligopole Bayer, Corteva, Syngenta et BASF contrôle plus de 50 pour cent du marché des semences commerciales. Pour qu'elles poussent, il faut les arroser de produits chimiques et les enrober de pesticides.
L'empire toxique de Syngenta s'étend sur plus de 90 pays, empoisonnant les corps des travailleur.euses, des riverain.es, leurs terres, leurs eaux et les récoltes du monde entier.
Les banques de semences sont également les cibles des guerres impérialistes, bombardées par ces mêmes firmes qui peuvent alors breveter les semences dans le pays.
Syngenta est un empoisonneur sans frontière, ses pesticides sont connus pour leur grande toxicité tout droit sortis de leurs laboratoires. Certains sont interdits en Europe mais restent exportables dans les pays du sud, notamment au Brésil, en Inde ou au Kenya, sur fond de racisme environnemental.
Au colonialisme chimique une riposte internationaliste : Ce 3 octobre, une mobilisation a réuni 15000 personnes sur le site de l'usine de Syngenta dans l'Eure à l'appel de Cancer Colère, de la Confédération Paysanne, du Collectif de Soutien aux Victimes des Pesticides de l'Ouest (CSVPO) et des Soulèvements de la Terre. Parallèlement, d'autres actions ont eu lieu dans le monde où Syngenta sévit : Costa Rica, Pakistan, Suisse, Belgique, Indonésie, Hawaï, États-Unis, Suède, Kenya, Argentine et d'autres...
Le rendez-vous avait été donné sur un rond-point où, à 4 km de là, se tenait le site de Syngenta. La foule massée autour du rond-point a d'abord écouté dans un silence impressionnant les témoignages émouvants des malades atteints d'un cancer dû aux pesticides. C'était la première fois dirent-ils la gorge nouée qu'on les écoutait !
Puis, toute cette foule précédée d'une 20aine de tracteurs en tête et des différentes organisations s'est mise en marche sur les 4 km, brandissant les pancartes où étaient inscrits les noms et l'âge de leur proches ou ami.es disparu.es atteint.es d'un cancer, des noms d'enfants, de jeunes femmes, et d'autres personnes toutes victimes des pesticides. Des slogans, chansons et fanfare ont parsemé le cortège tout du long. Tout du long aussi des policiers étaient placés tous les 20 m environ dans un champ et d'autres suivaient le cortège à cheval pour arriver enfin au barrage de véhicules sur la route menant à l'usine. Quand les personnes ont voulu planter leur pancarte en guise de cimetière dans un champ non autorisé à la manifestation, les premiers gaz lacrymogènes ont été tirés... La foule s'est alors rassemblée dans un autre champ. La fête promise n'a pas pu s'y dérouler, la police en avait décidé autrement et avec des menaces (hélicoptère à l'appui). Finalement, tout le monde s'est retrouvé à plusieurs kms de là pour finir solidairement et joyeusement la journée en musique.
Pendant 6 jours, l'usine de Syngenta a été mise à l'arrêt - pendant 6 jours, elle a été empêchée de cracher son poison.
Le cortège a marqué le début d'un mois de mobilisation pour la Palestine lancée par Urgence Palestine et Stop Arming Israël.
" Pesticides, Syngenta, ni ici ni ailleurs" : a été un point de ralliement des luttes paysannes, écologistes, décoloniales et pour la santé des travailleur.euses de la terre et des victimes du colonialisme chimique du monde entier.
On pourrait prendre d'autres exemples de pesticides interdits en Europe et exportés et plus particulièrement celui du scandale du chlordécone aux Antilles.
Ce pesticide organochloré contre le charançon des cultures bananières a été utilisé aux Antilles de 1972 à 1993, soit pendant plus de 20 ans dans les sols, y compris dans les sols rendus aux cultures vivrières.
Considéré comme neurotoxique, reprotoxique, perturbateur endocrinien, il est classé depuis 1979 comme agent possiblement cancérogène. Il a été interdit en France hexagonale dès 1990.
Il est à l'origine d'une grave contamination (pour des siècles) des sols, des nappes souterraines, des rivières et des plateaux continentaux.
Sont contaminés également le bétail, les poissons, les crustacés, les légumes et les fruits et la quasi-totalité des 800 000 habitant.es au bout de la chaine alimentaire (étude de Santé publique France en 2018). Une pêche de sureté est interdite à proximité du littoral.
Au total, en 2024, 14 170 ha de terres étaient contaminées dont 7 000 à 8 000 ha de terres agricoles sur les 25 000 cultivées.
Au sujet de la contamination des eaux : Par infiltration, les eaux de pluie descendent dans les nappes souterraines et emportent avec elles les pesticides. La pluviométrie dans les îles est considérable et peut atteindre 10 000 mm par an. Une fois dans les nappes, le chlordécone se propage dans les eaux de surface qu'elles alimentent, d'où la contamination des rivières et de l'eau des sources locales.
C'est une violence coloniale et chimique : Depuis l'interdiction du chlordécone, le sucre est venu prendre le relai de la banane mais insuffisamment pour absorber le chômage. La jeune génération et les associations se battent encore pour obtenir reconnaissance, réparation et indemnités mais le processus judiciaire est profondément antidémocratique et colonial. Les grands propriétaires terriens sont toujours les Békés, descendants des familles esclavagistes toujours en place. Des plaintes ont été déposées, des manifestations ont lieu contre la vie chère : 95 % de la production est exportée et les produits de première nécessité sont plus chers qu'en métropole.
- En 2023, le projet de loi visant à faire reconnaitre officiellement la responsabilité de l'état dans l'autorisation de mise sur le marche du chlordécone s'est soldé par un non-lieu ! Donc un recours en appel a eu lieu.
- Le 22 juin 2026,la Cour d'appel de Paris a confirmé le non-lieu ! "c'est purement scandaleux" "nous faisons face à un État tricheur, empoisonneur et criminel" s'indignent politiques, avocats et militants antillais. Ils s'organisent alors pour poursuivre la lutte dans les tribunaux et la rue. ("la prochaine étape c'est la Cour de Cassation et, si c'est nécessaire, nous irons jusqu'à la Cour européenne des Droits de l'homme."
Le choc est d'autant plus grand que 90 % de la population martiniquaise et guadeloupéenne a du chlordécone dans le sang (étude Santé Publique France en 2013).
La décision de la Cour d'appel est d'autant plus étonnante qu'à peine 10 jours plus tôt le Parlement votait une loi à l'unanimité visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone.
Elle donne 1 an au Gouvernement pour remettre au Parlement un rapport sur les modalités d'indemnisation des victimes. Mais le diable se niche dans les détails, le texte prévoit "une extension du bénéfice du fonds d'indemnisation des victimes de pesticides (article L. 491-1 du code de la sécurité sociale) à l'ensemble des personnes souffrant d'une maladie inscrite sur une liste fixée par décret en Conseil d'État, conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale et résultant d'une exposition au chlordécone."
5 - PESTICIDES, MALADIES ET CANCERS
Eh bien, dans notre beau pays, même en métropole, on peut assassiner légalement, avec des pesticides et autres polluants chimiques : PFAS, métaux lourds, hexane, et autres nano plastiques...
Et les malades sont priés de mourir en silence…
Car oui, l’épidémie de cancers explose littéralement, la France est d’ailleurs le pays le plus touché de toute l’Europe, et le champion du monde des cancers du sein.
Et c’est aussi le pays qui autorise le plus de pesticides interdits !
Cette année, nous avons présenté une exposition qui a circulé dans quatre lieux.
Car nous avons eu la chance de rencontrer une photographe ariégeoise, Anaïs Ondetr, qui a mis à notre disposition une série de photos de 11 agriculteurs malades de leur métier…
L’émotion que l’on éprouve devant l’expression de ces portraits était difficile à commenter.
Au lieu de la commenter, nous avons choisi de mettre en face une autre femme dont la réaction devant le scandale des pesticides est complètement différente, c’est Fleur Breteau.
Fleur Breteau, c’est une quinquagénaire au crâne nu, qui est atteinte d’un cancer du sein pour la seconde fois.
Elle est devenue le visage de la lutte contre les pesticides.
Elle ne part pas des savoirs scientifiques et médicaux, elle s’exprime avec sa colère de victime.
Sa colère est vite devenue politique : Elle a fondé le collectif Cancer Colère avec deux axes d’action :
- Pour que tous les malades, leurs accompagnants, les soignants et les familles puissent être enfin entendus au lieu d’être dissimulés et culpabilisés.
-Et surtout, pour que les responsabilités soient mises en évidence.
Pour la première fois, elle a dit aux députés : « Vous votez pour le cancer !… Vous êtes des assassins ! »
C’était un nouveau souffle à la mobilisation contre le la loi Duplomb, la fameuse loi qui a recueilli 2 100 000 signatures contre.
Eh bien, après la loi Duplomb 1, nous avons eu la Loi Duplomb 2, qui a été insérée dans la "loi d’urgence agricole", loi adoptée pendant l’été en toute discrétion. Cette loi ré-autorise des pesticides interdits, notamment l’acétamipride qui est un poison neurotoxique dangereux, et elle encourage les pires pratiques de l’agriculture industrielle.
Mais voilà pire que tout : les marchands de pesticides vont de mieux en mieux, puisqu’ils produisent aussi les médicaments contre les cancers !
Encore plus de malades, c’est encore plus de profit.
La conséquence c’est un saccage de la sécurité sociale ! Et les mutuelles sont de plus en plus inquiètes.
Les dépenses de santé liées aux maladies chroniques et dégénératives sont en augmentation vertigineuse et génèrent des surcoûts pour la Sécurité Sociale estimés à plusieurs dizaines de millions d'euros.
L’indemnisation des victimes augmente de 7 % par an, alors que les procédures sont si compliquées que la plupart des victimes ne sont pas reconnues.
Et les victimes, ce sont aussi les autres vivants : un tiers des oiseaux et 80 % des insectes ont déjà disparu des campagnes françaises.
Tout le monde le sait maintenant, et les scientifiques sont unanimes, une profonde transformation du modèle agricole doit être engagée le plus tôt possible …
Mais au Parlement Européen, on n’en voit pas le début , bien au contraire.
La Commission européenne veut modifier profondément les procédures d’autorisation des pesticides dans le cadre d’un paquet législatif intitulé Omnibus X.
Des substances toxiques très controversées, comme l’acétamipride et le glyphosate, se verraient automatiquement octroyer dix ans d’autorisation en plus pour être épandues dans les champs, sans aucune nouvelle évaluation.
La droite et l’extrême-droite défendent farouchement la dérégulation des pesticides, invoquant les « urgences à restaurer la compétitivité » du continent en matière agricole.
Un article du Monde du 25 octobre montre comment un rapport alarmant sur l'acétamipride rédigé par la Commission d’évaluation des choix scientifiques qui sert à éclairer les parlementaires, a été enterré par la droite et l'ED avant le vote sur la loi d’urgence agricole « Duplomb II ».

Et, parce que la guerre se fabrique aussi ici, ce vendredi 30 octobre dans le cadre de la Journée internationale contre la guerre et la militarisation,
Rassemblement et action à Boussens contre la fabrication de drones tueurs sur le site de Schaeffler
organisé par le groupe anti guerre (gag),la coordination Ariège contre les idées d'ED et Couserans Palestine.
Il est urgent d’arrêter d’arroser d'argent public l'armée, qui a vu ses budgets exploser et de n’offrir que la militarisation comme porte de sortie à la jeunesse populaire !






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