Vidéo : Saint-Gaudens - Manifestation du 16 novembre 2017 contre les ordonnances Macron

En téléchargement et ci-dessous, le texte de la prise de parole lue par Elsa Depouzier au nom de l'Union Locale des syndicats CGT du Comminges.

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Intervention du 16 novembre 2017

Union Locale CGT-Comminges

Prise de parole : Elsa Depouzier

En visite en Guyane fin octobre, sieur Jupiter annonce «Je ne suis pas le Père Noël».

Non mais sans déconner ; c’est peut-être pas le Père Noël mais c’est une belle ordure quand même !

Il y quelques jours, c’est au tour du 1er ministre en visite à St-Barth d’expliquer qu’il «n’est pas assureur».

Le 11 novembre dernier, Jupiter encore rétorque à une dame craignant que ses enfants ne bénéficient pas du progrès social : «Le progrès social, c'est celui qu'on peut se payer soi».

C’est la fin de l’État-providence, c’est la fin de la solidarité. Chacun pour sa pomme en Macronie !

Cette réponse montre vers quelle société le macronisme nous mène. Le président nous explique que chacun peut réussir, pour ne pas faire partie de ces gens que l'on croise dans les gares et «qui ne sont rien».

Macron plaide pour l’individualisme libéré de toutes les contraintes. C'est à cela que s'emploie la politique qu'il mène en glorifiant l’individualisme et l’esprit d’entreprise. Il honore les startups et sacrifie l'industrie.

Dans le monde macronien, les protections, les garanties collectives sont des freins. Il faut faire tomber les derniers verrous qui protègent les travailleurs.

Il faut enterrer le Code du travail, à grands renforts d’ordonnances, en amplifiant les mesures contenues dans la loi El Khomri.

La Macronie, c’est un grand pas en arrière. Le progrès social que l'on se paye soi, ce n'est pas autre chose que cette société uberisée que notre président a commencé à mettre en œuvre alors qu'il n'était encore que ministre du gouvernement Valls.

Le progrès social macronien, c'est la possibilité pour chacun de transformer sa bagnole en taxi en trimant 70 heures par semaine pour des clopinettes.

C'est la liberté donnée à un propriétaire immobilier de devenir hôtelier.

C'est la liberté pour un jeune avec son vélo ou son scooter de devenir coursier pour livrer des repas, à son compte... pour le plus grand profit d'une plateforme.

Macron n'a d'yeux que pour le travail éphémère. Il rêve d’exploser le travail et sa législation.

Sarkozy, il n’y a pas si longtemps que ça, voulait en finir avec la vision progressiste du Conseil National de la Résistance. Presque 50 ans après mai 68, Macron veut en finir avec les dernières grandes conquêtes sociales…

Mai 68… Que Jupiter voudrait commémorer… Et si, sans plus attendre, nous lui offrions une reconstitution grandeur nature ?

Nous qui ne sommes rien, nous les abrutis, nous les cyniques, nous les fainéants… !

Ceux qui conspuent les salariés oublient que sans eux ils ne sont rien !

Mais la palme de l’indécence revient quand même à ce député qui s'en prend à "certaines personnes qui partiraient en vacances aux Bahamas grâce à l’assurance chômage"… Mais Monsieur Adam, allez donc pointer à Pôle-Emploi puisque le chômage est synonyme d’un quotidien paradisiaque !

Après Wauquiez dénonçant les ‘’chômeurs qui profitent de la vie", après Castaner insistant sur le fait que "la liberté, ce n'est pas bénéficier des allocations chômage pour partir deux ans en vacances", voilà une nouvelle calomnie sur les odieux privilèges dont bénéficieraient les personnes en recherche d'emploi.

En pleine révélation sur les Paradise Papers, c’est une provocation supplémentaire.

Mais que je sache, Monsieur le Député, ces îles des Caraïbes offrent un asile confortable non pas à la France d'en bas, mais plutôt aux "premiers de cordée" !

Aujourd’hui les attaques pleuvent de toutes parts … Et les lois que l’on nous propose, au lieu de servir l’intérêt général, reprennent tous les vieux désirs du MEDEF.

Nos enfants, nos petits-enfants, nés au XXIème siècle, devraient-ils être condamnés à vivre comme au temps de Germinal ?

A la fin du mois, dans quelques jours donc, les ordonnances réformant le Code du travail doivent être ratifiées par le Parlement.

Cette réforme du Code du travail, c’est celle qu'Emmanuel Macron a en tête depuis son arrivée au ministère de l’Économie en 2014.

Monsieur le Président, vous avez décidé de prendre aux pauvres pour donner aux riches en protégeant plus que jamais les patrons millionnaires et les actionnaires des grands groupes.

En Macronie, mieux vaut être banquier et riche … Sinon, on n’est rien...

Une fois encore, le gouvernement défend les intérêts des puissants.

Celle-là même qui aujourd’hui veut casser le Code du travail a gagné 1,13 millions d’euros en un jour grâce au licenciement de 900 personnes : Danone, Dassault, Paradise, ... n’ont aucun secret pour elle.

Madame Pénicaud, vous n’avez aucune morale !

Ce gouvernement encourage les logiques financières spéculatives au détriment de l’intérêt général, de notre bien commun, de l’avenir de la planète. Le revirement sur le nucléaire en est un autre exemple.

De la Hollandie à la Macronie, il n’y a qu’un pas. Beaucoup l’ont franchi sans difficulté et rêvent de terminer le travail de démolition entrepris par le gouvernement Valls.

Que celles et ceux qui, par voie de presse, s’insurgent aujourd’hui contre la monarchie élyséenne, se rappellent qu’ils en ont soutenu les balbutiements il y a quelques mois. Je le redis aujourd’hui : la première mouture de la loi El Khomri portait le nom de loi Macron !

Alors Messieurs Mesdames amis de notre ancienne députée et qui aujourd’hui êtes peut-être parmi nous, vous nous l’avez déjà joué au moment de la réforme des retraites … Dans la rue sous Sarko pour cautionner pire sous Hollande !

La mémoire ne nous fait pas encore défaut.

«  C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches » écrivait Victor Hugo.

Il est temps … il est temps … mes amis, mes camarades, de paralyser l’économie. Il est temps d’arrêter de produire. Il est temps de bloquer le pays !

Car sans nous, qu’est-ce qu’ils seront ? Ils sont RIEN !

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CafDv

Author: CafDv

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